
Limérence et Attachement : Comprendre vos Schémas Relationnels
21 August 2025
Limérence et Estime de Soi : Pourquoi vous Attirez l’Indisponibilité
10 September 2025Les 8 étapes validées par la recherche pour retrouver votre liberté
Quand Sophie me dit : « Mais enfin, c’est de l’amour pur, je ne peux pas vivre sans lui ! », il faut le savoir : C’est faux !
Ce que Sophie vit, comme 35% des hommes et 50% des femmes selon les études de Dorothy Tennov, n’a rien à voir avec l’amour. C’est de la limérence – cet état psychologique d’obsession romantique où vos pensées tournent en boucle autour d’une personne, souvent qui ne vous aime pas en retour.
En cherchant un peu, on se rend compte que la limérence partage les mêmes mécanismes neurologiques que les addictions. Votre cerveau sécrète de la dopamine de manière intermittente, exactement comme une machine à sous. Plus c’est incertain, plus vous êtes accro.
Réalité check : Vous n’êtes pas en train de vivre le grand amour
La limérence, terme inventé par la psychologue Dorothy Tennov en 1979 après avoir interrogé plus de 500 personnes, se caractérise par des pensées intrusives obsessionnelles, un besoin maladif de réciprocité et une idéalisation complète de l’autre.
Contrairement à l’amour sain où vous voulez le bonheur de l’autre, en limérence vous voulez que l’autre vous veuille. Nuance capitale. Marc, par exemple, passait 6 heures par jour à analyser les messages de sa collègue. Il ne s’intéressait pas à son bien-être réel, mais uniquement aux signes qu’elle pourrait l’aimer.
Il faut le savoir : La limérence n’est pas un sentiment, c’est un dysfonctionnement cognitif. Les recherches montrent qu’elle est souvent liée à des traumatismes d’attachement non résolus et à une faible estime de soi.
Étape 1 : Nommez la bête
La première étape scientifiquement validée pour sortir de la limérence est de comprendre que vous n’êtes pas « follement amoureux », vous êtes dans un état psychologique dysfonctionnel documenté par la recherche.
Les symptômes incluent : pensées intrusives et répétitives (plus de 85% du temps éveillé selon Tennov), fluctuations émotionnelles extrêmes selon les signes perçus de réciprocité, négligence des autres domaines de vie, et comportements compulsifs de surveillance ou de contact.
Étape 2 : Identifiez vos déclencheurs neurobiologiques
Des études récentes montrent que la limérence active les mêmes circuits de récompense que la cocaïne. L’incertitude libère de la dopamine, créant un cycle addictif. Julie vérifiait Instagram 47 fois par jour pour voir si son « objet limérent » avait posté quelque chose.
Notez précisément quand vos pensées obsessionnelles surgissent. Généralement, c’est après un contact ambigu ou une période de silence. Votre cerveau interprète l’incertitude comme un signal de « continuer à essayer ».
Étape 3 : Désamorcez l’idéalisation par la réalité
En cherchant un peu, on se rend compte que l’idéalisation en limérence suit un processus appelé « cristallisation » (concept de Stendhal repris par la recherche moderne). Vous projetez sur l’autre vos besoins psychologiques non satisfaits.
Exercice concret : listez 10 défauts réels de cette personne. Pas des « défauts charmants », des vrais défauts. Si vous n’y arrivez pas, c’est la preuve que vous ne connaissez pas cette personne – vous êtes obsédé par votre projection fantasmée.
Étape 4 : Coupez les comportements compulsifs
Les thérapies comportementales cognitives montrent une efficacité supérieure à 70% pour traiter les comportements obsessionnels-compulsifs, y compris ceux de la limérence.
Concrètement : supprimez les réseaux sociaux où cette personne est présente. Bloquez son numéro temporairement. Demandez à un ami de surveiller vos tentatives de contact. Ces mesures draconniennes sont nécessaires car votre cortex préfrontal (zone de la prise de décision rationnelle) est littéralement court-circuité par votre système limbique hyperactif.
Étape 5 : Traitez les traumatismes d’attachement sous-jacents
Il faut le savoir : La limérence n’apparaît jamais par hasard. Les recherches de Willmott et Bentley (2015) montrent qu’elle est liée à des « expériences antérieures non résolues » et à des tentatives dysfonctionnelles de réalisation de soi.
Questions à explorer : Aviez-vous des parents émotionnellement indisponibles ? Avez-vous vécu des abandons précoces ? La limérence reproduit souvent des dynamiques d’attachement anxieux développées dans l’enfance.
Étape 6 : Développez votre flexibilité psychologique
Les thérapies de troisième vague, notamment l’ACT (Acceptance and Commitment Therapy), montrent une efficacité remarquable pour traiter les troubles obsessionnels selon les méta-analyses de Gloster et al. (2020).
L’objectif n’est pas d’éliminer complètement les pensées sur cette personne, mais de changer votre relation à ces pensées. Quand l’obsession arrive, observez-la comme un nuage qui passe plutôt que comme une vérité absolue à laquelle obéir.
Étape 7 : Reconnectez-vous à vos valeurs authentiques
En limérence, votre système de valeurs s’effondre. Tout tourne autour de « obtenir cette personne ». Les études en ACT montrent que se reconnecter à ses valeurs profondes (famille, créativité, contribution sociale) est essentiel pour retrouver une vie équilibrée.
Exercice : listez ce qui comptait vraiment pour vous avant cette obsession. Reprenez une activité qui vous nourrissait. Thomas a recommencé la guitare qu’il avait abandonnée depuis qu’il était obnubilé par sa collègue.
Étape 8 : Construisez une identité indépendante
La limérence révèle souvent une identité fragile qui cherche à se compléter par l’autre. C’est exactement l’inverse d’une relation saine où deux personnes entières choisissent de partager leur vie.
Travaillez sur votre estime de soi indépendamment de toute validation externe. Consultez un thérapeute formé aux TCC de troisième vague si nécessaire. Les études montrent que 6 mois de thérapie ciblée suffisent généralement pour sortir définitivement de ces patterns.
Ce qu’il faut retenir (sans langue de bois)
La limérence n’est pas de l’amour, c’est un trouble obsessionnel-compulsif déguisé en romance. Elle se traite avec les mêmes méthodes que les autres addictions : sevrage comportemental, thérapie cognitive et reconstruction identitaire.
Ne vous contentez pas d’attendre que « ça passe ». Sans intervention, la limérence peut durer 2 à 3 ans selon les recherches, en détruisant votre vie sociale, professionnelle et votre santé mentale.
Concentrez-vous sur une chose : Votre liberté psychologique vaut plus que n’importe quelle obsession romantique. Vous méritez un amour réciproque, sain et nourrissant – pas cette prison dorée qui vous épuise.
Aller plus loin avec un accompagnement professionnel
Si vous reconnaissez dans cet article votre situation, sachez que sortir de la limérence nécessite souvent un accompagnement structuré et bienveillant.
Le programme « Cendres à Renaissance » a été spécifiquement conçu pour vous aider à vous libérer de ces patterns obsessionnels, basé sur les techniques de thérapies comportementales cognitives de troisième vague (ACT, thérapie de la pleine conscience, thérapie dialectique comportementale).
Cette approche scientifiquement validée vous accompagne étape par étape pour :
- Identifier et désarmer vos mécanismes obsessionnels
- Traiter les traumatismes d’attachement sous-jacents
- Développer une identité stable et une estime de soi indépendante
- Construire des relations authentiques et équilibrées
Parce que vous méritez de vivre libre, pas obsédé.
Références scientifiques :
- Tennov, D. (1979). Love and Limerence: The Experience of Being in Love. Stein & Day Publishers.
- Willmott, L., & Bentley, E. (2015). Exploring the Lived-Experience of Limerence: A Journey toward Authenticity. The Qualitative Report, 20(1), 20-38.
- Gloster, A. T., et al. (2020). The empirical status of acceptance and commitment therapy: A review of meta-analyses. Journal of Contextual Behavioral Science, 18, 181-192.
- Schoendorff, B., Purcell-Lalonde, M. & O’Connor, K. (2013). Les thérapies de troisième vague dans le traitement du trouble obsessionnel-compulsif, application de la thérapie d’acceptation et d’engagement. Santé mentale au Québec, 38(2), 153–173.







